
Écrire l'Iliade
« Écrire l’Iliade ». Cette quatrième livraison des Cahiers Pierre Michon se consacre à la récente publication de l’auteur, J’écris l’Iliade, considérée par la critique comme un véritable « événement poétique », une « apothéose », le fait d’un écrivain « superlatif et grandiose » en proie à une « hybris extraordinaire et proprement sublime ». En effet, sous le nom formidable d’Homère, « le nom de la totalité de la littérature », s’écrit ici, dans la clameur épique des combats et l’appel impérieux de la chair – car « le logos est lascif » – un récit ample et parodique, érotique et sauvage. « Le dieu est pur désir. » Il est beauté, il est sursum. Centre rayonnant de tout le récit, ce désir est au principe même de la création poétique. L’écriture, devenue son propre sujet, conte et chante son propre avènement. Le dieu est pur désir, enthousiasme et fulgurance, dont témoignent ici le bond « énorme », la danse, « comme les pierres dans Schubert » et, par-dessus tout, le chant : « moi aussi, je suis aède », peut dire Michon. J’écris l’Iliade, oeuvre de rupture, circulation infinie dans les temps et dans les lieux, est une gigantesque chambre d’échos. Dans cette « autobiofiction », une énonciation plurielle, multiplie, dédouble, libère les voix narratives entre homonymes et hétéronymes de l’auteur. Michon y a insisté : « Mon livre s’est chargé de l’amour et de la guerre, certes ; mais aussi de la métamorphose. Les trois distractions des dieux : l’amour, la guerre, la métamorphose. » Et c’est bien sous le signe de la métamorphose que, dans son évidente diversité, se place tout entier ce Cahier.
Revue de l’Association des Amis de Pierre Michon et avec le soutien de la Fondation Michalski
Cahiers Pierre Michon - N° 4
- Textes de Pierre Michon
- Dossier. Écrire l'Iliade
- Réception
- Salutations
- Recension
- Actualité de l'œuvre
